KDOG Cancer Detect Group
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HISTORIQUE ET OBJECTIFS

KDOG
11/01/2018
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Après une thèse soutenue en 2012, l’infirmière Isabelle Fromantin s’est lancé un pari audacieux : mettre au point une méthode de dépistage non invasive du cancer du sein qui puisse compléter à la mammographie. Cette méthode devra être fiable et abordable pour toutes.
Bocaux KDOG étude préliminaire
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HISTORIQUE

La genèse du projet

Fer de lance du projet KDOG, Isabelle Fromantin a rejoint l’Institut Curie en 1993 comme infirmière en service de pédiatrie et chirurgie ORL. Depuis 2012, elle est chercheuse associée à l'équipe d'accueil Clinical Epidemiology and Ageing (CEpiA) de l'Université Paris-Est Créteil (UPEC), vice-présidente de la Société Française et Francophone des Plaies et Cicatrisations jusqu’en 2017 et responsable de l'Unité recherche Plaies et de Cicatrisation de l'Institut Curie.

L’hypothèse de lancement : les Composés Organiques Volatiles comme biomarqueurs du cancer

En 2009, Isabelle Fromantin soutient sa thèse sur les plaies associées au cancer du sein. Elle étudie les odeurs tumorales et s’intéresse à la manière dont celles ci sont émises par les plaies. Son objectif : établir un lien entre présence d'une tumeur et l'odeur indétectable qu'elle produit.

Des recherches dans la littérature scientifique lui permettent de légitimer l’hypothèse selon laquelle les COV et ces odeurs indétectables pour un nez humain pourraient constituer des biomarqueurs du cancer. Deux méthodes permettent de repérer ces odeurs caractéristiques: la chimie analytique et la détection par odorologie canine (drogues, explosifs). 

La rencontre avec des experts cynophiles en 2013 s’avère déterminante et donne au projet KDOG son impulsion initiale. Suite à un appel lancé à de nombreux hôpitaux pour collaborer à l’expérimentation de la détection olfactive canine, une équipe pluridisciplinaire se constitue rapidement.

En savoir plus

Dans un souci de mise en pratique rapide de cette méthode et d'une gestion des coûts maîtrisée, l'équipe de recherche se tourne définitivement vers la formation de chiens détecteurs pour déceler le cancer.

OBJECTIFS

1 / Aller vers un dépistage précoce, fiable et facile

Le flair du chien lui permet de détecter les cancers à des stades précoces. Or, un dépistage précoce permet un meilleur diagnostic et un choix plus important des traitements, ainsi qu’une plus grande chance de guérison.

Le dispositif KDOG est léger, son procédé est simple et indolore :  « Il suffira à une femme de porter un morceau de tissu pendant quelques heures sur son sein avant de l’envoyer à un laboratoire où les chiens passeront au test du dépistage », explique Isabelle Fromantin. Les chiens ne sont jamais en contact avec les patients.

Le dépistage du cancer par détection canine présente ainsi de nombreux avantages, de la simplicité de la méthode à la rapidité de ses résultats, de l’innocuité du dispositif à la fiabilité des résultats (90,3% à 100% de réussite dans la détection des échantillons cancéreux par les chiens KDOG).

 

2 / L’accès au dépistage pour les personnes en situation de handicap

KDOG permettrait un 1er dépistage simple et accessible. Cette nouvelle technique de dépistage constitue également une solution alternative pour les personnes en situation de handicap. Les appareils de mammographie, par exemple, ne sont pas toujours adaptés pour les femmes handicapées moteur, car exige que l’on se tienne debout et immobile (bien que certains centres de radiologies bénéficient d'appareils qui montent et descendent). KDOG vise à simplifier le processus et adapter le dépistage aux femmes, et non l'inverse.

(Cf. L’étude publiée en avril 2015 par l’IRDES http://www.irdes.fr/recherche/questions-d-economie-de-la-sante/208-les-personnes-en-situation-de-handicap-vivant-a-domicile-ont-un-moindre-acces-aux-soins-de-prevention-que-celles-sans-handicap.pdf)

Plus largement, cette offre de dépistage pourrait convaincre les femmes récalcitrantes au procédé lourd et parfois douloureux de la mammographie.

 

3 / Etendre cette méthode de dépistage aux pays en voie de développement

KDOG prévoit également d’étendre la mise en place du dispositif à l’extérieur de nos frontières pour, notamment, permettre un dépistage précoce du cancer des femmes dans les pays à faible accès aux soins, où les outils de diagnostic font souvent défaut.

 

4 / Appliquer la démarche à d’autres cancers

L’équipe de travail a l’ambition, à terme, d’étendre cette méthode de dépistage à tous les types de cancer accessibles par voie transcutanée, en commençant par le cancer de l’ovaire, aujourd’hui seulement détecté à un stade avancé. Les taux de mortalité associés aux cancers dépourvus d'outils diagnostiques précoces sont encore trop élevés, ce qui appelle un effort accru en termes de recherche.

Le cancer du sein a un impact sanitaire majeur dans le monde

Les cancers ont été responsables de 14% de l'ensemble des décès de femmes dans le monde en 2012.

Le cancer du sein est le cancer le plus commun pour les femmes.

A l'horizon 2030, le nombre de personnes victimes du cancer du sein pourrait connaître une hausse de 60% par rapport à 2012, soit 3,5 millions de femmes concernées (selon le rapport de 2016 de la Société Américaine du Cancer (ACS) et l'étude de Ophira Ginsburg parue dans The Lancet 2016).

Les pays à faible accès aux soins connaissent une augmentation de l'incidence du cancer du sein au sein de leur population. L'accès au dépistage et au traitement sont très réduits et parfois inexistants.

« Il est aujourd’hui urgent, pour mieux lutter contre le cancer, de développer des approches efficaces et abordables pour la détection précoce, le diagnostic et le traitement du cancer du sein chez les femmes vivant dans les pays les moins développés du monde » Dr Christopher Wild, directeur du CIRC (2013).

 

Le dépistage précoce du cancer est un élément crucial dans la lutte contre la maladie.

Détecté tôt, le cancer du sein est guéri dans neuf cas sur dix. Pourtant, le dépistage du cancer du sein peut encore être amélioré. En France en 2015, près d'1 femme sur 2 qui a été invitée au dépistage organisé du cancer du sein a préféré ne pas y avoir recours. Parmi elles, certaines ne sont pas suivis par un gynécologue. D'autres ont des difficultés d'accès aux examens usuels du fait d'un handicap moteur ou mental ou d'un isolement géographique trop important.

Pour toutes ces personnes, KDOG a souhaité réfléchir à l'amélioration du dépistage du cancer.

 

 

 

KDOG, une démarche citoyenne

 

L’originalité de ce projet réside dans la démarche citoyenne qui l’a rendu possible. C’est, en effet, grâce aux dons du grand public, rassemblés sur une plate-forme de financement participatif, que 80 000 € ont été réunis en 2016 pour le lancement de cette recherche innovante.

Nous remercions tous ceux qui croient en le projet et continuent de nous soutenir fidèlement !

 

 

L’absence de procédés technologiques

 

Parce qu’elle n’utilise pas de technologie lourde pour procéder à la détection du cancer, KDOG se positionne comme une démarche de rupture : les chiens sont au cœur du processus.

Ce choix répond aussi à la volonté de l’équipe, des autorités de santé et des populations de mettre au point une technique de détection du cancer à bas coût aisément mobilisable et accessible au plus grand nombre.